Nouvelles perspectives agricoles : l’agriculture urbaine et la France en 2017

Ca y est ! On y est ! Ce moment de l’année que l’on attendait tous avec impatience !! Non, pas l’été. LE SALON INTERNATIONAL DE L’AGRICULTURE ! The place to be du 25 Février au 05 Mars. Cette semaine notre fil d’actualité sur les réseaux sociaux a été inondé de selfies fièrement pris aux côtés de Marguerite, la vache limousine star du salon. Eh oui, cet événement reconnecte le citadin avec les animaux de la ferme et les produits de notre terroir et il est en FIER. C’est surtout l’occasion de mettre en avant le travail de milliers d’agriculteurs et d’échanger avec eux sur leur quotidien et leur filière.

Alors où en est l’agriculture française en 2017 ?

Spoiler alerte les amis, l’agriculture française est en crise depuis 2014. Le nœud de la guerre ? Le prix payé aux agriculteurs ne couvre pas leurs couts de production. Une crise relativement silencieuse, avec des informations parsemées ci et là : en 2016 nous avons vaguement pu suivre la crise laitière et les manifestations contre Lactalis, avec des répercussions sur le marché de la viande de bœuf suite aux quantités importantes de vaches vendues ; le 5 Décembre dernier, le Ministère de l’Agriculture annonçait l’abattage préventif en Janvier 2017 d’un peu plus d’un million de canards pour contrer la grippe aviaire, s’envolent alors plusieurs centaines de millions d’euro de travail et d’investissement dont une partie sera subventionnée par l’Etat. Et pourtant, globalement lorsqu’on se rend au supermarché, on ne ressent pas l’effet d’une telle crise dans nos paniers. Tout simplement parce que tout se joue en amont.

L’EXEMPLE DU LAIT

En 2016, la filière laitière représente 60 000 exploitations, soit deux fois moins qu'en 1983, pour une quantité équivalente en volume de production. A mi année, le nombre d’exploitations en faillite se chiffrait déjà autour de 2 000 à 3 000, soit une perte de 5%. Le principal accusé, Lactalis. Mais pas que.
Si Lactalis se retrouve sur le devant de la scène, c’est avant tout parce que c’est le leader mondial des produits laitiers (Lactel, Président, etc.) et qu’il a les moyens d’influencer le marché. Personne n’est vraiment d’accord sur le chiffre exact, toujours est-il que le géant industriel collecterait entre 20% et 28% du lait français. Il est donc le principal acteur de transformation du lait. Le hic, c’est que le prix d’achat que propose le Groupe est 10 à 30€ moins cher que la concurrence et sur plusieurs centaines de litres par an la différence est considérable pour un agriculteur.
Alors comment cela fonctionne-t-il entre eux ? Les éleveurs et les industriels sont liés par des contrats d’achat et de livraison sur une durée de cinq ans et le prix de référence mondial du lait est indexé sur la Nouvelle-Zélande. C’est-à-dire qu’en fonction de la météo et de l’excédent de production du lait néozélandais, le prix du cours du lait en France est influencé à la hausse ou à la baisse. Vous me direz « c’est le jeu ma p’tite Lucette » comme pour pleins d’autres matières premières.

Sauf qu’en fait, il n’y a pas que Lactalis comme facteur dans cette histoire. La crise de surproduction est un effet direct de la mondialisation qui a donné naissance à l’agriculture intensive et de la Politique Agricole Commune aka la PAC de son petit nom. Intégrée au Traité de Rome en 1957, elle a été créée dans une Europe en reconstruction post guerre dont l’objectif principal était de retrouver un niveau d’autosuffisance alimentaire et donc le besoin urgent d’augmenter la production alimentaire. S’ajoute à cette politique des facteurs géopolitiques comme l’embargo russe en Août 2014 qui a fortement impacté négativement le marché puisque la Russie était le premier importateur de lait européen ; puis en Mars 2015, la mauvaise anticipation de la fin des quotas laitiers a provoqué une très forte hausse de la production européenne et donc une baisse brutale des prix, ce fut le coup de grâce pour de nombreux producteurs. Chez nos voisins allemands, le lait n’est pas mieux payé, cependant, les agriculteurs ont diversifié leur activité en s’ouvrant par exemple au photovoltaïque.

LES NOUVELLES FORMES D’AGRICULTURE

Certains agriculteurs ont réussi à s’adapter en développant de nouveaux modes de culture ou en revenant aux savoirs ancestraux pour répondre aux enjeux du développement durable. Ce concept fait son apparition en 1987 dans le rapport de Brundtland des Nations Unies et est définitivement acté au Sommet de la Terre en 1992 à Rio de Janeiro comme « un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. ». Sur les bancs de la fac, c’était un peu notre Ave Maria à nous cette définition.

L’agriculture urbaine comme nouvelle forme de développement ?

Agricool : la ferme urbaine 3.0

Guillaume et Gonzague ont fait le pari de ramener la nature en ville avec une agriculture urbaine ultra locale. En bas de chez vous en fait. En partant de la volonté de retrouver le gout des fruits et légumes de leur enfance, ils ont développé un mode de culture 100 fois plus productif que l’agriculture conventionnelle tout en utilisant 90% d’eau en moins que celle-ci et en recyclant des containeurs. Oui, ils font tout ça dans un espace aussi restreint qu’un containeur de 30m2. Ainsi, c’est l’équivalent d’une production de 4 000m2 qui tient sur deux places de parking au bout de votre rue !

Paris et son plan « alimentation durable et agriculture urbaine »

Au XIXe siècle, Paris dédiait 600 hectares aux maraichers. Dans la volonté de rendre un peu de ces espaces, d’ici 2020 la ville souhaite végétaliser 100 hectares dont 33 réservés à l’agriculture urbaine en mettant à contribution les parisiens, ou plutôt les « Parisculteurs ». Ce plan, présenté le 27 Janvier dernier, vise aussi à favoriser les circuits courts et donc les agriculteurs locaux pour renforcer les liens entre la capitale et le monde rural. Il permettrait la production de 500 tonnes de produits comestibles et 300 tonnes de compost par an avec les déchets alimentaires pour approvisionner les agriculteurs. Ce plan, c’est aussi l’occasion de développer une stratégie alimentaire territoriale pour contenir voire réduire les 36% de gaz à effet de serre issus de l’alimentation en France et enclencher la transition écologique. Enfin, en complément de la Ferme de Paris, l’installation de nouvelles fermes urbaines pédagogiques est prévue pour initier et former les citadins, notamment à la permaculture. A suivre…

Et du coté des candidats à la Présidentielle ?

Lors de leur passage au Salon de l’Agriculture, chaque candidat a rappelé les mesures qu’il projette pour l’agriculture et ils ne manquent pas d’idées.

Évidemment, nous ne pouvons changer le passé, ni sauver le monde, cependant, nous pouvons améliorer l’avenir chacun à notre échelle. La France regorge d’esprits ingénieux et créatifs pour préserver nos ressources, n’hésitez pas à partager avec nous vos découvertes sur les nouvelles solutions d’agriculture !
Faire partie de la famille PinotBleu, c’est déjà contribuer à mettre en avant ces talents. Nos amis vignerons travaillent dans le respect de l’environnement pour transmettre le bon goût du vin, santé🍷!


En résumé : l’évolution de l’agriculture moderne en 4 min